La valeur ajoutée des aides-soignants

La valeur ajoutée des aides-soignants

“Des aides-soignants dans les services d’oncologie: ça devrait être tout à fait normal”

L’AR78, qui est à la base de la description des tâches de tout le personnel soignant, va être révisé dans les prochaines années. Les aides-soignants sont eux aussi repris dans cet AR 78. En quoi consiste exactement la valeur ajoutée des aides-soignants en termes de répartition des tâches dans les hôpitaux et les maisons de repos? Est-ce une option de les faire intervenir de manière plus flexible et comment mettre cela en place concrètement? “Les aides-soignants – et a fortiori les soignants – constituent toujours une catégorie professionnelle sous-estimée”, déclare l’Ambassadeur flamand des soins Lon Holtzer.
“Le statut des aides-soignants a été créé par l’AR du 12 janvier 2006 et je m’en suis toujours réjoui car il a attiré l’attention sur les ‘soins au patient’ au sens propre, loin de l’aspect médical donc”, raconte Lon Holtzer. “C’est une démarche que nous devons chérir en renforçant davantage le profil professionnel. La valeur ajoutée qu’apportent les aides-soignants est indéniable, mais il est intéressant de s’interroger sur la manière dont ils peuvent intervenir de manière plus flexible encore à côté des infirmiers. Vous avez en la matière les adeptes et ceux qui n’y croient pas. Personnellement, je dois dire que mon point de vue a évolué: j’estime que leur valeur ajoutée et leur potentiel ne font aucun doute. Une distinction persiste toutefois entre les aides-soignants et les soignants dans les soins à domicile. Le métier de soignant est le métier le plus sous-estimé: ces personnes valent pourtant leur pesant d’or. Il faut savoir qu’un soignant se retrouve entièrement seul dans des situations de soins à domicile. Les aides-soignants qui travaillent dans des hôpitaux ou des maisons de repos, quant à eux, peuvent poser 18 actes infirmiers, mais ils sont supervisés par un infirmier, tandis qu’un soignant travaille de manière autonome. Le législateur a intégré les aides-soignants dans une équipe structurée, où ils sont d’office accompagnés et guidés. Je trouve qu’on devrait réunir les aides-soignants et les soignants dans une seule catégorie professionnelle. Les soignants obtiennent aujourd’hui leur diplôme à l’issue de la sixième année d’enseignement secondaire professionnel en Soins aux personnes, sans année de spécialisation. Dans la pratique, les écoles secondaires encouragent tous ces étudiants à faire une septième année de spécialisation en aide-soignant. Cette année supplémentaire d’aide-soignant me semble tout à fait logique. J’espère qu’elle deviendra une évidence dans l’avenir.”
 

Des actes infirmiers supplémentaires peuvent-ils être confiés à des aides-soignants expérimentés?

“C’est une question difficile, car légalement, ce n’est pas possible. Dans mon livre De zeven privileges van de zorg (Les sept privilèges des soins, nldt.), j’approfondis cette question. La limite est très mince. Je pense – non, je sais – que les aides-soignants sont souvent frustrés parce qu’ils ne peuvent pas poser certains actes. La question est donc la suivante : comment créer un profil qui soit plus fort que la qualification professionnelle actuelle d’aide-soignant, qui reste basée sur l’humain et renforce même cet aspect, tout en permettant de poser d’autres actes infirmiers. On y gagnerait beaucoup en efficacité: en fonction des soins de confort, les aides-soignants doivent être capables de réaliser de petits miracles. Je trouve qu’il faudrait obligatoirement faire appel à eux dans les services d’oncologie. Une mise à niveau de leur profil ne ferait que renforcer leur valeur ajoutée. Il me semble que c’est un débat dont on n’est pas encore sorti. Il pourrait en résulter un profil mieux formé, centré sur l’humain, à qui on pourrait faire appel dans un contexte très large, y compris dans le secteur de l’aide sociale. J’espère que ces notions pourront être intégrées dans la révision de l’AR 78. En discutant avec de nombreuses personnes lors de la rédaction de mon livre, j’ai découvert la valeur d’un aide-soignant générique, qui dispose des qualités mentales tout comme des connaissances nécessaires pour s’occuper de la personne qu’est chaque patient. Je tiens à tenir un plaidoyer fort en ce sens. Créer dans le système de soins des profils professionnels centrés sur l’humain pourrait signifier une importante amélioration de la qualité.”
 

Pensez-vous que votre idée puisse rencontrer de l’opposition, de la part des syndicats notamment ?

“Les syndicats visent eux aussi des soins aux patients et des conditions de travail optimales pour le personnel soignant. Parfois, j’observe cependant un certain conservatisme et une résistance au changement, et c’est dommage: de meilleures conditions de travail ne sont-elles pas toujours le but des changements ? De ce point de vue, je suis de leur côté, mais je n’ai pas encore réussi à les gagner pour un profil professionnel plus large (rires). Créer davantage de répit pour les infirmiers serait en tout cas un effet secondaire bienvenu des possibles différences d’accent dans le profil professionnel. J’aimerais aussi les voir travailler de manière autonome. Etre supervisé en permanence par un infirmier et devoir constamment lui faire rapport n’est pas la solution idéale. Je regrette aussi qu’une bonne part de l’afflux externe soit directement encouragée à commencer des études d’infirmerie et non pas d’aide-soignant. Cela demeure une sous-évaluation du travail d’aide-soignant. Si j’étais à la place du FOREM, je stimulerais davantage de gens à suivre une formation d’aide-soignant dans une école de promotion sociale. Ceux qui le souhaitent peuvent toujours faire le pas vers des études d’infirmerie par la suite. On pourrait aussi stimuler l’apprentissage sur le lieu de travail. Mener les candidats vers les soins reste payant selon moi. Et indispensable de surcroît.”
 

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